Je crois que c’est la phrase que les photographes entendent le plus souvent. Quand je fais de la photographie scolaire, en entrant dans la classe, j’explique toujours que je commence avec la personne la plus difficile de la classe : le prof ! Vous savez pourquoi ? Parce que les adultes me disent toujours la même chose :

« J’haïs ça me faire prendre en photo! »

Et les enfants s’esclaffent généralement et renchérissent : « C’est vrai ! Mon père [ou nommez n’importe quel parent] déteste ça aussi ! ». Et le prof, dans la grande majorité des classes l’avoue aussi :

« J’haïs ça me faire prendre en photo »

Moi aussi avant, je détestais ça ! Avant d’apprendre à jouer les modèles à l’école, pour les autres, je détestais les photos. Je ne voyais que mes défauts ensuite, je n’avais pas envie de les immortaliser et les montrer ! Les adultes, nous devenons conscients de notre corps et de notre apparence physique : on se connaît et nous avons tous ces petites parties de soi qu’on apprécie moins.

Vers l’âge de 30 ans, j’avais réalisé que ça me prenait deux ans pour m’aimer en photo : sur le coup, je détestais les images… Mais quand je me revoyais, au moins deux ans plus tard, je me disais chaque fois « Wow, j’étais tellement jeune et jolie ! Et je ne m’aimais pas ! Tssssss ! En plus, aujourd’hui j’ai [nommer un défaut qui vient avec l’âge] »

En fait, soyons francs, ce n’est pas « se faire prendre en photo » qu’on haïs en réalité : c’est l’image de soi-même que nous n’aimons pas, c’est ce sourire trop grand, ce nez trop gros, ces cheveux trop plats ou ce ventre trop rond. Ce qu’on déteste, c’est de se faire mettre nos « défauts » au visage. Ce qu’on n’aime pas sur nos photos, ce sont ces petits défauts que l’on pense voir. Ces traits qui nous sont propres mais que nous aimerions différents.

Combien d’entre-nous préférerions être différentes physiquement ? J’en suis ! On se trouve tous des défauts, des complexes, des imperfections sur lesquelles nous plaçons nos énergies négatives. Toutefois, ce qui fait réellement la différence, c’est l’acceptation et la confiance.

Tout le monde est beau : il suffit de porter les bonnes lunettes. Si tu es une bonne personne, à mes yeux, tu es beau. Si tu aimes la vie et que tes yeux brillent : tu es beau. La beauté est dans l’oeil qui regarde. Cessons d’être aussi méchant envers nous-même !

J’ai trouvé un truc pratiquement infaillible pour se trouver beau en photo et arrêter de se détester : s’aimer dans le miroir. Déjà, si vous ne supportez pas votre reflet, il serait surprenant que vous puissiez vous trouver beau en photo. Suis-je bien claire ? Si vous vous détestez en vrai, vous vous détesterez aussi en photo. Il n’y a pas grand chose que l’on peut cacher à une caméra : même pas l’estime de soi.

Mon 2e meilleur truc pour s’aimer sur des photos est de choisir son photographe. Un bon photographe ne montre que les meilleures photos : de très mauvaises photos de soi, prises au mauvais moment (genre quand on cligne des yeux ou qu’on parle en même temps) peuvent accentuer notre mauvaise image de nous-même !  À chacun son photographe, magasinez le vôtre  : vous devez vous sentir détendu et à l’aise avec votre photographe pour un résultat final à votre hauteur.  De plus, vous passerez un moment fort agréable puisque vous appréciez l’humain derrière le « kodak ».

Un bon photographe aussi vous guidera pour les poses : lever le menton, tourner un peu le visage, replacer un collier, un col. Le bon photographe peut vous donner des trucs pour jouer avec la lentille et la caméra au lieu de la voir comme un ennemi ou une machine à jugements.

La photo de portraits est une danse qui se fait à deux : soit le photographe mène la danse en guidant le modèle, soit le modèle est inspiré et bouge et le photographe le suit. La bonne chimie entre le photographe et le modèle se verra et se ressentira sur le résultat final : c’est important que le courant passe pour des photos qui vous mettront en valeur.

Depuis que je suis photographe, ce qui me fait le plus plaisir d’entendre c’est :

« Merci Angie, c’est la première fois que je m’aime sur des photos ! »