À la fin du mois de novembre dernier, j’ai découvert le Bullet journal et mis suis mise le mois suivant, en décembre.  Depuis, je ne jure que par celui-ci, je lui donne même du crédit dans mon rétablissement et dans le fait que je vais si bien et que mon médecin me considère “guérie” depuis quelques mois.  J’ai sincèrement calmé mon anxiété à grands coups d’organisation dans mon précieux carnet et je respire tellement mieux depuis !

Le Bullet journal est une méthode d’organisation très très simple inventée par l’américain Ryder Carroll.  Il a d’ailleurs écrit un super livre sur sa méthode, tu peux chercher en ligne (format papier ou format électronique) ou regarder sur YouTube, il y a des tonnes de vidéos.  Pour les intimes, le Bullet journal est aussi surnommé Bujo.  C’est quoi ? En fait, c’est un carnet et un crayon : tu combines ton agenda, tes listes, tes choses à faire et les choses que tu voudrais surveiller (ton sport, ton alimentation, ton humeur, name it!) dans un seul et même endroit qui n’est pas ton téléphone et ses sources de distractions.   Il y a autant d’utilisation du BuJo que d’utilisateurs et le but est d’utiliser l’outil pour soi, selon soi.  Si tu cherches le web, tu trouveras des créateurs de BuJo ultra minimalistes et d’autres créatifs et artistiques sans bon sang ! Si tu es curieux, je t’invite à commenter, j’avais commencé des capsules vidéos pour en parler mais j’ai manqué de temps pour en faire le montage.  Ça vous intéresserait ? J’aurais des followers ici ?

Pourquoi je suis amoureuse de mon Bujo ? Mes 5 grosses raisons

#1 Organisation 

Je n’ai jamais été si bien organisée : pour la première fois de ma vie, je suis mon agenda, je complète mes listes de choses à faire, je planifie comme une pro et je fais un suivi serré de mes dossiers : pour la première fois de ma vie, j’ai même un budget à jour que je peux suivre de très près! De plus, dans mon bullet journal, je ne planifie pas que mon temps, je planifie mon avenir, je planifie mes achats, je planifie tout.  Tout ce que je cherche et qu’avant j’aurais noté n’importe où, je le note maintenant dans mon BuJo.  Je ne cherche plus, je trouve !

#2 Mémoire

Je n’ai aucune mémoire et j’ai toujours peur d’en échapper : avec mon Bujo, je n’ai qu’à noter et le suivre ! Et si on me demande un mois plus tard quand est-ce que telle ou telle chose s’est produite, c’est écrit dans mon BuJo ! Je veux savoir quels films j’ai vu dernièrement ? J’ai tout noté dans mon BuJo ! J’étais tannée de refaire ma liste de préparatifs de voyage : je l’ai noté dans mon carnet, maintenant, je ne la refais pas chaque fois, j’ajoute un post-it pour adapter selon les destinations ! C’est merveilleux pour les suivis avec les docteurs, pour mon budget qui n’a jamais été aussi à jour, pour mes suivis professionnel de photographe bref, pour tout ce dont je veux me rappeler! Au lieu de perdre mon temps à retrouver mes notes, à retrouver des lectures, à retrouver des dates d’événements entre mon agenda électronique et mon agenda papier, je n’ai qu’à regarder dans mon Bujo, c’est là que je mets tout maintenant!

#3 Acceptation 

J’ai rapidement réalisé en faisant mon premier Bujo que j’aime l’art mais je n’ai pas tant de talent ce qui fait que je barbouille, je dépasse sur mes dessins, je fais des lignes croches.  Bref, il n’est jamais parfaitement parfait, il y a tout le temps un quelque chose qui est un peu raté, qui cloche, qui sort du cadre.  Et j’ai appris à aimer ce côté de moi : je ne suis pas parfaite, j’ai certains coins tournés un peu ronds, la couleur dépasse parfois de mon cadre.  Et je suis parfaite ainsi, tout comme mes dessins et autres designs ! Le tout est fait à moi, pour moi et le but ultime, de m’organiser et m’amuser, est entièrement rempli ! J’accepte mes imperfections plus que jamais et j’arrête de voir les erreurs : je vois des possibilités maintenant!

#4 Gestion de mes angoisses

Je faisais de grosses crises d’angoisses l’an dernier.  Des crises qui me paralysaient, qui nuisaient à ma qualité de vie et par conséquent, à celle de mon amoureux.  Je faisais des crises comme une enfant, j’avais beau les verbaliser, j’avais beau méditer, suivre une thérapie, prendre des médicaments, les crises s’espaçaient mais ne disparaissaient jamais complètement.  En débutant mon Bujo, j’ai intégré à l’intérieur les exercices que je faisais avec mon psychologue et y notait mes lectures et mes observations.  J’y notais aussi mes angoisses, mes crises, mes phrases négatives et les réponses positives possibles.  À force de noter mes crises, de les observer, j’ai pu voir des récurrences : des sujets qui revenaient, des pensées précises qui prenaient beaucoup de place.  À force de m’observer, je me suis trouvé des stratégies de gestion.  Je connais davantage mes faiblesses et me protège beaucoup mieux.  Le tout, grâce à ses observations faites au jour de le jour.  Je dois regarder dans mon BuJo pour dire maintenant à quand remonte ma dernière crise d’angoisse tellement elles sont moins fortes et plus rares qu’avant.

De plus, un des sujets qui me faisait angoisser était le fait que j’avais l’impression d’oublier des choses, de tourner les coins trop ronds.  Alors je m’en voulais de ne pas être efficace, j’avais peur d’avoir échappé de gros morceaux, j’angoissais sur mes responsabilités.  Maintenant que celles-ci sont inscrites dans mon Bujo, maintenant que je fais mes suivis de façon plus serré et que toutes mes notes sont au même endroit, le fait de voir jour après jour que j’accompli des petits pas vers mon grand but, ça m’encourage et me donne des ailes.  Et ces ailes que ça me donne, elles m’aident à voler loin de mes angoisses.

#5 Estime de moi 

En maladie, j’avais l’impression de n’être qu’une loque.  Je n’avais plus l’impression de faire d’activités ni d’accomplir quoi que ce soit.  Je ne faisais que me décevoir.  Quand j’ai commencé le BuJo, je notais tout à l’intérieur.  Tout ce que je faisais, mangeais, buvais, pensais, lisais, voyais sur le web : j’ai passé un cahier en un mois ! J’ai vraiment exagéré ! Cette exagération par contre m’a permis de mettre davantage en lumière ce que j’utilisais réellement comme information, ce qui valait la peine d’être noté.  Quand je me pose la question “c’est quand dont que j’ai fait ça la dernière fois?” c’est que ça mérite d’être noté ! 🙂

Ça a beaucoup changé mon estime de moi car je suis fière de moi maintenant.  Fière de mon petit livre, fière de mon rétablissement, fière d’avoir repris le contrôle sur ma vie et mon cerveau que l’an dernier, je ne reconnaissais plus.  Quand j’ai l’humeur dans les talons, je feuillète mon BuJo et je vois tout ce que j’accomplis, chaque jour.  Quand je suis fatiguée, je regarde ma semaine et je vois que je mérite du repos.  Je suis plus douce envers moi depuis mon BuJo car il me remet ma vie en face et sincèrement, elle est beaucoup plus belle qu’on peut parfois le croire la vie.  Et au final, je constate que je ne suis pas une mauvaise personne, que je suis aimable et que je mérite de m’aimer.  Je ne me suis jamais sentie si bien dans ma peau et c’est parce que maintenant, je conserve bien en mémoire, dans mon BuJo, mes bons coups et mes apprentissages.

#6 BONUS : la créativité ! 

J’ai toujours aimé les arts en général, j’aime toucher à tout, j’aime encore dessiner, peindre, j’aime les crayons de couleur et les bricolages.  Je me lâche lousse dans mon BuJo, j’aime peindre à l’aquarelle dedans, y utiliser des crayons de couleur pour faire ressortir des éléments, un sujet.  Je me suis remise à tripper sur les collants, les papiers spéciaux et y faire des collages au grès de mes envies.  J’ai découvert le washi tape que j’utilise abondamment et j’aime y coller tout de sorte de choses que je trouve ici et là.  Lors de mes dernières vacances, j’ai fait une page avec des feuilles de chêne, des algues et de l’écorce de bouleau.  À mi chemin entre le bricolage et l’herbier, je me suis amusée et j’ai laissé une trace de mes vacances à l’intérieur de mon carnet.  Je suis plus créative que jamais et je l’exprime autant en photographie que dans mon carnet : je m’amuse avec la couleur, avec les formes et ça se voit dans mes shootings ! Jamais je n’aurais cru que cet outil aurait autant de répercutions positives !

Un mythe : ça prends du temps 
Tu as envies de t’y mettre mais tu penses que tu n’as pas le temps ? C’est faux ! Si tu as le temps de réfléchir à tes problèmes et à angoisser, tu as le temps de faire le Bullet journal ! Je prends simplement 5 minutes le matin, 5 minutes dans la journée et 5 minutes le soir et tout est fait.  Le dimanche soir, je m’assoie une demie-heure et je prépare la semaine à venir.  En début de mois, je prends simplement le temps de faire mes pages pour le mois suivant (j’aime fonctionner avec un mois d’avance mais à chacun sa méthode!), c’est la partie la plus longue.  Je la sépare le tout en trois temps et normalement, ça me prends en tout environ deux heures pour le mois complet.  Perso, ça rentre dans ma routine et ça fait maintenant parti de mon hygiène de vie : j’en ai besoin pour être heureuse.  J’aime cette activité, j’aime le remplir, j’aime voir ma journée avancer, mes tâches se faire ou se reporter, j’aime être à jour.  Au lieu de m’inquiéter et me faire des scénarios, je note simplement.  Le temps où je note est un investissement en moi.  En ma mémoire.  Dans mon estime de moi et dans mon bien-être général.  En notant, j’élimine la plupart de mes angoisses.  Et quand je sens l’angoisse monter, je prends mon bujo et regarde le sujet qui m’angoisse.  Et je reprends le contrôle.  Le Bujo me permet davantage de vivre en pleine conscience.

 

J’espère t’avoir convaincu, j’espère que tu iras te renseigner sur la méthode et que j’aurai tout plein de commentaires positifs ! Pas pour être populaire mais parce que je considère le Bullet Journal comme un outil incroyable et accessible à tous qui peut sincèrement faire la différence.  L’automne arrive, la déprime chez plusieurs aussi : si mon outil peut en aider d’autre, j’aimerais ça !